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03/09/2009

Dernières nouvelles

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Voici les dernières nouvelles concernant l'essai SUCCEED : l'été a été quelque peu mouvementé pour ARIAD, les événements financiers de juillet-août vont accélerer le processus qui aboutira à l'autorisation de mise sur le marché du Ridaforolimus.

La fin du mois de juillet a été marquée par une tempête financière autour d’Ariad. Dans le monde de la pharmacologie, la crise est aussi passée par là… Merck, avec qui Ariad collabore pour la mise au point du ridaforolimus, a revu à la baisse tous ses plans de financements. En conséquence, les paiements d’avance sur travaux n’ont pas été à la hauteur de ceux prévus initialement et les comptes d’Ariad ont virés un peu plus au rouge du fait de ce manque de liquidité flagrant. Pour lire cette publication financière, cliquez ICI, pour en obtenir la traduction, cliquez ICI

La direction d’Ariad, prévoyant l’onde de choc que produirait la publication le 30 juillet de mauvais résultats financiers, avait bien essayé de minimiser l’effet de cette annonce en rendant publique deux jours plus tôt les résultats cliniques prometteurs de deux essais de phase un et deux dans lesquels le ridaforolimus est impliqué.

Le cours de l’action Ariad a donc connu des hauts et des très bas, enregistrant jusqu’à 18% de baisse lors de la publication des résultats. Pour nous, patients, cela nous dépasse un peu. Quelles répercussions peuvent avoir ces « crises financières » sur nos attentes et notre espoir de bénéficier de la molécule tant attendue ?

Si l’on étudie de près le communiqué d’Ariad, on peut deviner entre les lignes que les conséquences seront importantes, parfois positives, parfois négatives.

Voyons le positif :

L’essai SUCCEED est perçu au sein de cette société comme une véritable planche de salut : C’est un essai prometteur, qui permettra la publication dans un court délai de bons résultats. Ces publications, tout comme les futurs agréments que pourraient recevoir le ridaforolimus entraineront à chaque étape le paiement de sommes très importantes par Merck à Ariad. L’achèvement dans un futur proche de SUCCEED est donc la garantie d’apports de fonds importants pour la société en manque de liquidités. Il en résulte pour nous, malades, que nous n’auront probablement pas à attendre durant de trop longs mois l’autorisation de mise sur le marché du ridaforolimus pour le traitement des sarcomes, si tant est que les administrations françaises ou canadiennes emboitent le pas rapidement à la FDA américaine.

Concrètement, l’enrôlement des 650 patients sera achevé à fin 2009 et l’AMM sera probablement obtenue fin 2010 ou tout début 2011 à partir des résultats de la deuxième analyse intermédiaire qui seront soumis à la Data Safety Monitoring Board.

Coté négatif :

La pression de Merck sur Ariad afin de développer prioritairement des essais portant sur des cancers à fort potentiel commercial se fait sentir (je sais, ça fait froid dans le dos quand j’écris ces mots). Merck a tout d’abord demandé à Ariad d’étudier le ridaforolimus en application dans des cas de cancer dont l’incidence est supérieure à celle des sarcomes qui restent des cancers rares. Ils suggèrent notamment les cancers du sein et ceux du poumon non à petites cellules. (d’après les derniers chiffres du CIRC disponibles auprès de l’INCA, par an, on a 965.000 nouveaux cas de cancer du poumon par an, soit environ 770.000 cancers non à petites cellules, 1.151.000 cas de cancer du sein, pour bien moins de 100.000 cas de sarcomes puisqu’ils représentent seulement environs 1% des cancer, il est clair que le marché est plus restreint…).

Toujours dans ce même souci de rentabilité, il semble que Merck ne soit pas très chaud pour mettre la priorité sur les essais où le ridaforolimus est prescrit en association avec des molécules développées par des laboratoires concurrents (Avastin et Herceptin du groupe Roche). L’idée est bien de concentrer les recherches sur les marchés les plus porteurs financièrement plutôt que de développer des marchés où des résultats rapides sont possibles mais où il faudrait partager la manne avec la concurrence. Les marchés où la molécule sera associée à d’autres agents seront probablement remis en chantier ultérieurement lorsqu’il s’agira de chercher de nouveaux marchés de niche. Concrètement, dans le cas de l’essai de phase 2 associant l’herceptin au ridaforolimus dans les cancers du sein métastasés, bien que ceux-ci soient très prometteurs, Merck demande clairement à Ariad de ne pas mettre en route l’essai de phase 3 qui permettrai la validation du traitement.

Il faut relativiser les choses et les remettre en contexte. Le marché des petites molécules médicamenteuses est un marché de pointe très prometteur et les traders les observent de près comme un Eldorado possible. Malgré cette baisse brutale, Ariad reste sur un score de plus de 30% d’augmentation de sa cote boursière. Les dirigeants d’Ariad voient le but proche et ne veulent pas compromettre leur chance de forte plus-value à court terme. Aussi, dans la foulée, quelques heures après la publication de ces résultats financiers, la direction annonçait qu’ils procédaient à une offre publique d’achat pour environ 30 millions d’actions, le président, Harvey J. Berger en achetant lui-même pour 3 millions. Tous les éléments de ces annonces successives se trouve sur le site d'ARIAD, dans l'onglet "Investors/News".

En conclusion, même si Ariad peut nous paraître être une assez grosse société cotée au Nasdaq, à notre échelle de patient, on se rend vite compte, qu’ils sont très fortement liés à Merck qui en tant que principal client, fait peser une énorme pression sur la politique de recherche d’Ariad. Que faire contre un tel géant qui est quasiment la seule source de financement pour le développement de la molécule que nous attendons ?

Je ne porte ici aucun jugement : j’observe et j’analyse. Chacun se fera son opinion. Pour ma part, je ne peux ni m’insurger, ni approuver. Je reste pragmatique et j’essaye de faire la part des choses, même si tout cela n’est pas bien joli, joli. Lorsque le temps nous est compté, a-t-on encore envie d’enfiler l’armure de Don Quichotte pour partir au combat ?

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24/07/2009

Le financement d'un tel projet.

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Pour tenir à jour ce blog, j’ai mis en place quelques alertes Google qui m’avertissent par mail des dernières publications concernant le Ridaforolimus, l’essai SUCCEED, (ou selon les dénominations le Deforolimus, l’AP23573…). Je me suis vite aperçue qu’un certain nombre d’entre elles concernaient le milieu financier.

En effet, nous ne sommes pas les seuls à nous intéresser à la recherche. Les motivations sont bien différentes, cela va de soi, mais les financiers, aussi, ont mis en place des systèmes de veille qui les informent des nouveaux essais mis en route dans le monde de la pharmacologie ainsi que des nouvelles publications à venir. Pour mettre au point une nouvelle molécule et obtenir son AMM, il faut des sommes énormes, mais en cas de succès, c’est la rentabilité assurée pour qui sera propriétaire de celle-ci. Les investisseurs flairent « ces bons coups ». Les laboratoires pharmaceutiques qui démarrent des essais prometteurs ou publient de bons résultats à l’issu de ceux-ci, voient leur cote monter en bourse.


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Autour d’un projet dont la molécule étudiée s’avère très prometteuse, des flux financiers très importants se créent. Dans le cas de notre Ridaforolimus, Merck & Co a versé à ARIAD un « upfront », nous dirons une « avance de fond » de 75 millions de $ le 07.12.2007 (d’après le forum de Finanzaonline). Début 2009, Merck à versé de nouveau 10 millions de $ afin de tester cette même molécule dans un essai de phase 2 concernant les cancers avancés du poumon non à petites cellules (Medical news today.com du 4 mars 2009). Les traders repèrent ces gros mouvements et concentrent leur attention sur les sociétés qui mènent ce type d’études thérapeutiques.

Que faut-il penser de tout cet argent qui tourne autour de notre essai SUCCEED ? Il faut positiver, et se dire que l’argent est le nerf de la guerre, que nous avons de la chance puisque les investisseurs s’intéressent de près à nos chercheurs. Ils leur apporteront les financements qui sont nécessaires à la bonne conduite de cet essai thérapeutique duquel, nous les patients, nous attendons notre survie. Espérons seulement qu'ils leur laisseront toute latitude dans leur démarche. Tant mieux si le cours d’ARIAD monte au Nasdaq : Notre moral doit monter avec son indice boursier !

Chacun place ce qu’il peut : les investisseurs placent des dollars et nous, nous plaçons notre espoir dans ce projet.
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Pour suivre le cours de l'action ARIAD sur le NASDAQ, cliquez ICI
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